Portrait d'une personne rétablie
Parcours de rétablissement

Ils sont passés par où vous êtes aujourd'hui.

Aucun de ces récits n'est linéaire. Il y a eu des rechutes, des mois perdus, des retours en arrière. C'est précisément ce qui les rend utiles : ils ne racontent pas des miracles, ils racontent un travail.

Confidentialité. Les témoignages publiés ici le sont avec l'accord écrit de leurs auteurs. Les prénoms sont modifiés, les détails permettant une identification retirés, et les photographies ne représentent pas les personnes concernées. Un témoignage peut être retiré à tout moment sur simple demande.
Portrait — parcours de rétablissement
3 ansD'abstinence, après onze ans de consommation
Le récit de K. B., 38 ans

« J'ai mis onze ans à appeler. Le premier appel a duré sept minutes. »

« J'ai commencé à 24 ans, presque par hasard, dans un contexte festif. Pendant longtemps, je me suis dit que je gérais : j'avais un travail, un salaire, un appartement. C'est ça le piège — tant qu'il reste quelque chose debout, on se persuade que tout va bien.

Ce qui est parti en premier, c'est le travail. Pas d'un coup : des retards, des absences, des explications de moins en moins crédibles. Ensuite ma femme est partie avec les enfants. Là encore, j'ai trouvé le moyen de me convaincre que c'était elle le problème.

J'ai appelé le centre un mardi matin, après une nuit que je ne raconterai pas. Ce que je craignais, c'était le jugement — qu'on me demande combien, depuis quand, pourquoi je n'avais pas appelé avant. On m'a simplement demandé si je pouvais venir le lendemain. Sept minutes.

Le sevrage a été dur, mais pas comme je l'imaginais : j'avais peur de la douleur physique, et le plus dur a été le vide. Quand vous retirez le produit, il reste toutes les heures de la journée à remplir, et toutes les raisons qui vous faisaient consommer, intactes.

J'ai rechuté au bout de quatre mois. J'ai cru que c'était fini, que je n'oserais plus jamais revenir. J'y suis retourné parce que le psychologue m'avait dit une phrase que je n'avais pas comprise sur le moment : "si vous rechutez, revenez ; c'est prévu". C'était vrai.

Aujourd'hui je travaille, je revois mes enfants, et je vais encore au groupe une fois par mois. Je ne dis pas que je suis guéri, je dis que je vais bien. Ce n'est pas la même chose, et ça me suffit. »

D'autres parcours

Patients, familles, professionnels

La dépendance ne concerne jamais une seule personne. Ces récits viennent de tous les côtés de la même histoire.

En parcours de soin
Le groupe de parole a été le tournant. Entendre d'autres personnes décrire exactement ce que je vivais, ça m'a enlevé la honte. Et sans la honte, on peut enfin travailler.
Portrait
A. D., 26 ansEn suivi thérapeutique
Mère d'un ancien patient
Pendant deux ans, j'ai cru que c'était de ma faute. On m'a expliqué la maladie, on m'a appris quoi dire et quoi ne plus dire. J'ai récupéré mon fils, mais j'ai aussi récupéré ma propre vie.
Portrait
M. T., 54 ansAtelier familles
Abstinent depuis 18 mois
Ce qui m'a aidé, c'est qu'on ne m'a jamais parlé comme à un délinquant. J'avais passé des années à me faire traiter de bon à rien — y compris par moi-même.
Portrait
S. K., 31 ansSorti du centre en 2024
Enseignant formé
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Portrait
Y. N., professeurFormation « Prévention en milieu scolaire »
Épouse d'un patient
On m'avait conseillé de partir. Je suis restée, mais différemment : j'ai arrêté de payer ses dettes et de mentir à sa place. C'est ce jour-là qu'il a accepté de venir.
Portrait
F. A., 42 ansAccompagnement familial
Responsable RH
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Portrait
D. O., DRHFormation intra-entreprise
Ce qui revient dans tous les récits

Quatre constantes, quinze ans d'écoute

Le plus dur, c'est d'appeler

Presque tous décrivent le premier appel comme l'obstacle majeur — et presque tous disent, après coup, qu'il a été plus simple qu'imaginé.

Le groupe change tout

Le moment le plus souvent cité comme décisif n'est pas une consultation, mais la première séance de groupe — celle où la honte cesse d'être solitaire.

La rechute n'est pas la fin

Une majorité des personnes rétablies durablement ont connu au moins une rechute. Ce qui les distingue, c'est d'être revenues.

Il faut quelque chose après

Un emploi, une formation, une activité, une place dans une famille. Ceux qui sortent sans rien à faire de leurs journées sont ceux qui rechutent le plus.

Partager votre parcours

Votre récit peut décider quelqu'un à appeler

Si vous avez été accompagné ici, ou si vous êtes un proche, votre témoignage a une valeur qu'aucun discours institutionnel n'aura jamais. Vous restez maître de ce qui est publié.

Et vous ?

Chacun de ces récits a commencé par un appel.

Le vôtre peut commencer aujourd'hui. Vous n'avez rien à préparer.